COVID 19 : la productivité portuaire à rude épreuve...

COVID 19 : la productivité portuaire à rude épreuve

Aux premières heures de l’année 2020, une pandémie venue par effraction de l’empire du milieu fait d’énormes victimes dans le monde. Le continent noir longtemps épargné est de nos jours, tragiquement touché. Au moment où le Bénin franchi le seuil des deux milles (2000) infections à la COVID 19, la rédaction de votre newsletter, a choisi de vous faire entrevoir l’impact réel du coronavirus sur la productivité de nos ports.

Transport maritime, au ralenti?

En plus des victimes humaines, la pandémie du coronavirus affecte profondément les structures économiques des Etats. Principal instrument de la mondialisation, vecteur du transit de plus de 80% de matières premières et de marchandises, le transport maritime subit de plein fouet les effets pervers de cette crise sanitaire d’envergure universelle en raison du ralentissement de l’activité économique (arrêt des industries en Asie, en Amérique et en Europe), mesures de restriction (confinement, limitation de déplacement, arrêt de travail) etc. Courant mars 2020, le Cabinet Kearney alertait sur le fait que 50% des départs de navires avaient été annulés dans les ports chinois. Mieux, le taux de remplissage de ceux qui appareillaient fluctuait entre 10 et 30%, provoquant du coup, la rupture des chaînes d’approvisionnement dans de nombreuses entreprises dans le monde. Plusieurs transporteurs maritimes ont été obligés d’annuler leurs escales chinoises, estimant le manque à gagner subi par semaine, dans l’ordre de 350 millions de dollars US. Une énorme perte induite en bonne partie par la limitation au strict minimum des escales africaines via la Chine. Les ports d’Afrique de l’Est (de Djibouti à Dar es Salaam), situés sur les nouvelles routes de la soie, en sont donc les plus affectés.

Quid du port de Cotonou et ses voisins ?

Outre les ports des pays de l’Afrique de l’Est qui sont les plus durement touchés, la structuration économique de la plupart des pays subsahariens étant tourné vers l’import (balance commerciale déficitaire) fait que les ports des autres pays du continent sont également affectés.  Les ports du sud du continent puisent l’essentiel de leurs ressources du trafic à l’import, l’exportation étant d’une mince participation dans leurs activités. Dans cette situation, l’arrêt des machines et les restrictions de mobilité survenues en Asie, en Europe et en Amérique, sonnent comme un coup dur pour la fréquentation des ports africains. Ce qui induit fort logiquement la diminution des commandes, du trafic et du chiffre d’affaires.

Le port de Cotonou n’échappe nullement à cette conjoncture. Ainsi, l’une des plus importantes cargaisons (le riz) qui y est débarquées en provenance notamment de l’Asie (origine de la pandémie) est en diminution. De même, les mesures de fermeture de frontières terrestres et aériennes prises par les pouvoirs publics viennent heurter la libre circulation des personnes et des biens propices à la fluidité des échanges entre le Bénin et ses voisins de l’hinterland, principal débouché du port de Cotonou. Cependant, malgré les affres causées par la pandémie du coronavirus, le Port de Cotonou n’a pas cessé de fonctionner parce que les autorités à divers niveaux et toute la communauté portuaire béninoise ont mis en place des mesures strictes entrant dans le cadre du respect des gestes barrières pour restreindre la prolifération du virus.

L’après COVID-19 : Enjeux et opportunités pour les ports africains du sud du Sahara.

Le coronavirus fait des milliers de victimes dans le monde, endeuille les Etats et les familles, désarticule les économies. Pourtant, il faut s’en relever. A l’instar de la peste au XIV e siècle et de la grippe espagnole de 1918, l’humanité vaincra ce mal et la vie reprendra son cours normal.

Nous devrions garder les équipes motivées et en veille.  pour faire face au retour de l’activité après la pandémie. Les industries occidentales et asiatiques reprennent progressivement la production, ce qui à priori, offre une kyrielle d’opportunités à saisir pour capter le trafic. Il est nécessaire pour notre port renforcer nos  indicateurs de compétitivité au vert pour ne pas se laisser distancer par la concurrence, à la reprise. Il est même souhaitable de profiter de cette période pour réaliser les chantiers lourds, d’aménagement et de modernisation nécessitant un chamboulement de l’activité qui, à l’occasion engendreront moins de désagréments aux clients et usagers. 

La crise du coronavirus aura une fois encore mis à nu l’hyper dépendance de l’activité des ports africains à l’importation. Cette situation interpelle les décideurs qui doivent intensifier leurs actions pour enclencher l’émancipation industrielle du continent. Œuvrer pour l’émergence et la floraison de chaînes de production et d’industries viables afin de bonifier le flux à l’export des ports et ainsi minorer leur vulnérabilité vis-à-vis des chocs extérieurs (localiser la production sur le sol africain). Sur ce plan, le Bénin a connu une embellie spectaculaire grâce aux réformes du gouvernement, ce qui a entraîné pour le port de Cotonou, un net accroissement des flux d’exportation dû à l’émergence des filières agricoles telles que le Karité, l’Acajou, le Coton etc. Des efforts louables, qui se doivent d’être poursuivis. La diversification des partenaires commerciaux et des cargaisons sont également des défis à relever par les ports pour atténuer les effets d’éventuels aléas futurs.

 

ATTENTION! Les twist locks artisanaux ne sont pas acceptés au Port de Cotonou

La Direction Générale du Port Autonome de Cotonou rappelle aux transporteurs et conducteurs de gros porteurs que les twist locks artisanaux ne sont pas acceptés au Port de Cotonou. Cette pratique est contraire aux dispositions techniques de la sûreté/sécurité des chargements. Le commissariat spécial du Port et les agents de sécurité du Port de Cotonou autorisés à réprimer... 

Lire la note circulaire…

ENVOI ELECTRONIQUE DES MANIFESTES

Dans le cadre des nouvelles dispositions administratives face à la crise sanitaire liée au COVID-19 et en raison de l'évolution des systèmes de facturation et de production des statistiques au Port Autonome de Cotonou, la direction générale met à disposition des consignataires et agents maritimes, un e-mail pour recevoir les manifestes autrefois effectuer par dépot physique au service en charges des statistiques. 

Lire la note circulaire N°1541/20/DG/DPSOI